Les nucléosides sont des molécules composées d'une base azotée liée au carbone 1' d'un pentose, mais sans groupe phosphate contrairement aux nucléotides.
Configuration anti et syn de l'adénosine
(Figure : vetopsy.fr)
3. La liaison β-N-glycosidique permet une rotation autour de l’axe reliant la base à l'ose, ce qui conduit à deux conformations principales (Conformation of Nucleic Acid Components).
a. Dans la conformation dite anti, la base est orientée à l’opposé de l'ose, i.e. à l'intérieur, ce qui minimise les interactions stériques entre la base et le pentose.
C’est la conformation la plus stable et la plus fréquente dans l’ADN B et l’ARN double brin.
Remarque : mnX correspond à l'ajout d'un groupe méthyle ($\ce{-CH3}$) sur la base azotée en position n.
Dans cette notation, la nature de l’atome n’est pas indiquée, mais elle est connue à partir de numérotation standard des atomes de la base azotée (cf. figure au-dessus).
m3C correspond à une méthylation sur l’atome N3 de la cytosine,
m5C correspond à une méthylation sur l’atome C5 de la cytosine.
La notation 2'-O correspond à une méthylation du groupement hydroxyle 2'-OH du ribose, et non de la base azotée.
3. La cytidine peut également être acétylée en N4-acétylcytidine (ac4C), présente notamment dans certains ARN messagers ( épitranscriptome).
À base d'uracile
Les nucléosides à base d'uracile sont les suivants.
Il s'agit d'un nucléoside dérivé de l’uridine, dans laquelle la double liaison entre les carbones 5 et 6 du cycle pyrimidinique est saturée, ce qui confère à la molécule une conformation plus flexible.
Dans les ARN de transfert (ARNt), la dihydrouridine est typiquement localisée dans la boucle D (ou boucle de la dihydrouridine), où elle joue un rôle important dans la souplesse structurale de la molécule, facilitant son repliement tridimensionnel nécessaire à sa fonction lors de la traduction.
4. La pseudouridine (Ψ) est un nucléoside modifié dérivé de l’uridine, résultant de l’isomérisation de l’uracile en pseudouracile ( cf. plus bas).
Elle est formée par un dérivé méthylé de l’uridine, dans lequel un groupement méthyle est ajouté en position 5 du cycle pyrimidique, ce qui correspond à une base chimiquement identique à la thymine de l’ADN, mais associée ici à un ribose et non à un désoxyribose.
Cette modification se trouve classiquement en position 54 de la boucle " TΨC " de l’ARNt, i.e. thymidine, pseudouridine et cytidine, une région hautement conservée impliquée dans la stabilisation de la structure tertiaire de la molécule.
La présence de la ribothymidine, souvent associée à la pseudouridine (Ψ) dans cette même boucle, contribue à la reconnaissance correcte de l’ARNt par les aminoacyl-ARNt synthétases et à la stabilité de l’interaction avec le ribosome durant la traduction.
Nucléosides puriques
À base d'adénine
Les nucléosides à base d'adénine sont les suivants.
1. L'adénosine (A) est le nucléoside présent dans l'ARN.
3. La N1-méthyladénosine (m1A) est un nucléoside modifié dans lequel ungroupe méthyle ($\ce{-CH3}$) est ajouté sur l’atome d’azote en position 1 (N1) de l’adénine.
a. Par exemple, la 1-méthyladénosine nucléosidase (EC 3.2.2.13) hydrolyse la liaison N-glycosidique du nucléoside, libérant la base modifiée et le sucre selon la réaction :
b. Dans les ARN de transfert (ARNt), m1A contribue principalement à la stabilisation de la structure tridimensionnelle essentielle au bon fonctionnement de la molécule.
Elle est également présente dans certains ARN ribosomiques (ARNr), où elle participe à la stabilité de domaines structuraux impliqués dans le fonctionnement du ribosome.
c. La N1-méthyladénosine (m1A) illustre l'importance des modifications chimiques des ARN dans la biologie cellulaire et participe, avec de nombreuses autres marques, à l'épitranscriptome pris dans son sens le plus large.
4. La N6-méthyladénosine (m6A) correspond à une adénosine méthylée en position N6 de la base purique, largement distribuée dans les ARN eucaryotes comme :
2. La guanosine peut subir différentes modifications chimiques, notamment des méthylations, qui contribuent à la diversité structurale et fonctionnelle des ARN.
b. La 7-méthylguanosine (m7G), obtenue par méthylation de la guanosine sur l'atome d'azote en position 7 (N7), est présente dans les ARN messagers (ARNm)sous deux formes distinctes :
c. La N2-méthylguanosine (m2G), obtenue par méthylation de la guanosine sur l'atome d'azote en position 2 (N2), est présente dans certains ARN ribosomiques (ARNr), où elle participe au repliement et à la stabilité locale de la molécule
c. La queuosine (Q) est un nucléoside dérivé de la guanosine dans lequel la guanine est remplacée par une base hypermodifiée appartenant à la famille des 7-déazaguanines.
1. Contrairement aux autres nucléosides, la pseudouridine n'est pas incorporée lors du processus de transcription, mais résulte d'une modification post-transcriptionnelle de certains résidus d'uridine.
Pseudouridine
(Figure : vetopsy.fr)
C'est la modification nucléosidique la plus fréquente dans les ARN et elle est retrouvée chez l'ensemble des organismes vivants.
2. L'une des boucles des ARN de transfert (ARNt) porte systématiquement ce résidu de pseudouridine conservé impliqué dans la stabilisation de leur structure tertiaire.
Cette région des ARNt contient une séquence conservée composée de thymidine, pseudouridine et cytidine, ce qui explique l’appellation de boucle " TΨC ".
La pseudouridine diffère de l’uridine par une liaison β-C-glycosidique entre C5 de la base et C1′ du ribose, ce qui laisse N1 protoné (N1-H) et capable de former une liaison hydrogène supplémentaire.
Remarque : dans certains vaccins contre la COVID-19 (Coronavirus disease 2019), l'uridine est remplacée par la pseudouridine ou la N1-méthyl-pseudouridine (m1Ψ).
Cet ARNm est peu reconnu par le système immunitaire, ce qui évite sa dégradation rapide et le blocage de la synthèse protéique.
Inosine et IMP
(Figure : vetopsy.fr)
La cellule produit alors la protéine Spike, protéine qui déclenche une réponse immunitaire ciblée et une mémoire immunitaire durable, sans inflammation excessive.