Les bases puriques, adénine et guanine, sont des bases azotées bicycliques des nucléotides participant à la structure des acides nucléiques et à de nombreuses fonctions cellulaires.
c. un ou plusieurs groupes phosphate, responsables de la charge négative de la molécule et impliqués dans la formation des liaisons phosphodiester entre nucléotides successifs.
Remarque : les nucléosides sont des nucléotides sans groupe phosphate, composés uniquement d'une base azotée et d'un pentose ( sémantique).
2. Par ses propriétés, la base azotée détermine les règles d’appariement, mais aussi la stabilité, la conformation et la capacité des acides nucléiques à stocker et transmettre l’information génétique.
Bases azotées et nucléosides
(Figure : vetopsy.fr)
1. Les bases puriques dérivent du noy au purine, système bicyclique aromatique plan comportant quatre atomes d’azote situés aux positions 1, 3, 7 et 9 du squelette purine, décrit structuralement comme l’association de deux cycles hétérocycliques fusionnés :
Noyaux purine et pyrimidine
(Figure : vetopsy.fr)
un noyau pyrimidine, composé d’un cycle à six atomes, dont quatre carbones et deux azotes en positions 1 et 3,
un noyau imidazole, constitué d’un cycle à cinq atomes, avec trois carbones et deux azotes en positions 7 et 9.
2. La biosynthèse de ce noyau est réalisée au cours de la formation de novo de l'IMP au terme d'une série de réactions enzymatiques
3. La méthylation des bases azotées constitue une modification chimique fréquente et hautement régulée.
Dans la nomenclature, il convient de distinguer la modification de la base azotée de celle du nucléoside correspondant, par exemple pour la cytosine :
5mC qui correspond à la méthylation en position 5 sur le cycle pyrimidinique, i.e. de la base azotée elle-même,
m5C qui correspond au nucléoside correspondant, i.e. la cytidine méthylée liée à un pentose.
Adénine
1. L'adénine (6-aminopurine) est présente dans de nombreuses molécules.
à l'état libre dans les matières fécales, les urines, le lait de vache, certains végétaux (thé, café, tabac).
2. L’adénine peut subir des modifications chimiques par ajout d’un ou plusieurs groupements méthyle sur différents atomes de la base purique, conduisant à la formation de dérivés méthylés présents chez de nombreux organismes.
La N6-méthyladénine (6mA) correspond à une adénine méthylée sur l’atome d’azote en position 6 de la base purique.
Cette modification est présente dans l’ADN de nombreuses bactéries et a également été identifiée chez certains eucaryotes où elle participe à différents mécanismes de régulation de l'expression génique.
Guanine
1. La guanine (2-amino 6-oxypurine) est présente :
dans tous les ADN et les ARNoù elle s'apparie avec la cytosine,
dans les nucléotides énergétiques comme le GTP ou le GDP, impliqués dans la synthèse des protéines et la signalisation cellulaire,
dans certains ARN catalytiques (ribozymes) ou systèmes enzymatiques spécialisés, , où des nucléotides guanylés peuvent intervenir dans des mécanismes catalytiques ou de régulation, bien que les coenzymes dérivées de la guanine soient rares,
les matières fécales, en particulier d'oiseau, d’où elle a été isolée pour la première fois à partir du guano (d’où son nom) qui sert d'engrais azoté,
les écailles des poissons et des reptiles, où elle contribue à la réflexion de la lumière et à certains effets irisés.
Autres purines
(Figure : vetopsy.fr)
2. La diméthylguanine, base diméthylée de la guanine, est retrouvée naturellement dans des ARN de transfert (ARNt) et des ARN ribosomiques (ARNr).
Elle existe sous forme de N2,N2-diméthylguanosine (m2,2G), i.e. deux groupes méthyle ($\ce{-CH3}$) sont ajoutés sur l’atome d’azote en position 2 de la guanine.
Cette altération structurelle contribue à la stabilité de la structure tridimensionnelle de l’ARN et joue un rôle dans la précision de la traduction en modulant l’interaction avec les ribosomes ou d'autres facteurs.
Autres purines
Certaines bases azotées puriques n’entrent que peu, voire pas du tout, dans la composition des nucléotides.
1. L'hypoxanthine (ou 1H-purine-6(9H)-one) n'est pas directement utilisée dans l’ADN ou l’ARN.
2. La xanthine (ou 3,7-dihydropurine-2,6-dione) est une oxopurine formée par désamination de la guanosine ou par la dégradation de l’inosine ( désamination des bases puriques).
a. Contrairement à l’hypoxanthine ou à la guanine, la xanthine ne peut pas être réutilisée via une voie de sauvetage pour reformer un nucléotide.
On ne connaît aucune enzyme phosphoribosyltransférase produisant directement un nucléotide à partir de la xanthine chez l'humain.