La voie de sauvetage des nucléosides recycle les nucléosides libres par phosphorylation afin de régénérer des nucléotides et de maintenir l’équilibre du pool nucléotidique sans recourir à une synthèse de novo coûteuse.
La biosynthèse des nucléotides s'effectue :
soit de novo à partir de précurseurs métaboliques simples, ce qui affranchit l'organisme d'un approvisionnement externe,
joue un rôle important dans le maintien des réactions de méthylation.
Remarque : Les réactions de transméthylation dépendant de la S-adénosylméthionine (SAM) dans les cellules conduisent à la production de S-adénosylhomocystéine (SAH) par les méthyltransférases (EC 2.1.1).
b. Si cette élimination ne se fait pas, en particulier celle de l'adénosine, l'accumulation de SAH devient un puissant inhibiteur des réactions de transméthylation.
Sauvetage indirect
L'adénosine désaminase (ADA), i.e. EC 3.5.4.4, est une hydrolase hautement conservée des bactéries à l'homme, qui catalyse la désamination de l’adénosine en inosine dans le métabolisme des purines.
Sous forme monomérique ou dimérique, ADA agit sur l’adénosine libre.
Adénosine désaminase
(Figure : vetopsy.fr)
Remarque : cette enzyme est distincte des ADAR (Adenosine Deaminase Acting on RNA) qui agissent sur l’adénosine intégrée dans les ARN lors de l’édition A → I.
1. Elle joue un rôle crucial dans la voie de sauvetage des purines en catalysant la réaction de désamination de l'adénosine en inosine :
2. L'ADA intervient dans de nombreux processus, en particulier en se liant à la dipeptidyl peptidase-4 (DPP4, aussi appelée adenosine deaminase complexing protein 2 ou CD26), enzyme antigénique exprimée à la surface de la plupart des types de cellules (Uniprot).
a. développement et maintenance du système immunitaire :
Voies de synthèse et anticancéreux
(Figure : vetopsy.fr)
Sa déficience génétique provoque des déficits graves (10 à 15% des DICS, Déficit Immunitaire Combiné Sévère).
Comme l'adénosine n'est pas transformée en inosine, l’accumulation d’adénosine et surtout de désoxyadénosine conduit à la formation de dATP, qui inhibe la rribonucléotide réductase (RNR), bloquant la formation des désoxyribonucléotides et la synthèse d’ADN, ce qui freine la prolifération cellulaire.
Remarque : l'IMP et le XMP ne sont pas directement considérés comme des molécules dans les voies de sauvetage des nucléosides, mais plutôt comme des intermédiaires métaboliques dans la biosynthèse et le recyclage des nucléotides puriques.
Voie de sauvetage des nucléosides pyrimidiques
Les nucléosides pyrimidiques peuvent également être récupérés par phosphorylation par des kinases spécifiques.
a. TK1 est exprimée dans le cytosol, particulièrement dans les cellules en prolifération, i.e. elle est dépendante du cycle cellulaire, en particulier dans la phase S.
Cette voie est cruciale pour maintenir le pool de dTMP, nécessaire à la synthèse de l’ADN.
b. TK2 est localisée dans les mitochondries, exprimée de manière constitutive.
Désoxycytidine kinase (dCK) : carrefour du sauvetage des désoxyribonucléotides
1. La désoxycytidine kinase (dCK) , i.e. EC 2.7.1.74, est une enzyme cruciale du système de sauvetage des désoxyribonucléosides, exprimée notamment dans :
les cellules hématopoïétiques,
la moelle osseuse,
certains tissus tumoraux.
Elle permet de régénérer des désoxyribonucléotides monophosphates pour servir de précurseurs à la synthèse de l'ADN.
Remarque : la dCK joue un rôle majeur dans l'activation intracellulaire de plusieurs agents anticancéreux ou antiviraux de type analogues nucléosidiques :
cytarabine, gemcitabine, analogues de la désoxycytidine,
clofarabine, fludarabine, analogues de la désoxyadénosine,
vidarabine, antiviral, analogue de la désoxyadénosine.
Sans activité de dCK, ces molécules restent inactives, ce qui explique certaines résistances aux traitements, i.e. par mutation ou par répression de l’expression de dCK.
Les interconversions entre nucléotides et la biosynthèse des désoxynucléotides diphosphates (dNDP) ne sont pas considérées comme des voies de sauvetage, mais comme des voies métaboliques essentielles au maintien du pool nucléotidique.