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Acides nucléiques
ARN : épissage (splicing) des pré-ARNm
Spliceosome

Sommaire
définition

Le spliceosome est une machinerie ribonucléoprotéique dynamique assurant l’épissage des pré-ARNm grâce à l’action coordonnée des snARN, des snRNP et du centre catalytique ribozymique.

Le spliceosome correspond à une machinerie ribonucléoprotéique dynamique assurant l’excision des introns et la ligature des exons au cours de l'épissage des pré-ARNm eucaryotes.

Chez les eucaryotes, deux formes apparentées de spliceosome coexistent :

  • le spliceosome majeur, responsable de l’épissage de plus de 99 % des introns,
  • le spliceosome mineur, spécialisé dans l’excision d’une faible population d’introns rares appelés introns U12.

Structure générale du spliceosome majeur

snRNP majeures du spliceosome

Les snRNP (small nuclear ribonucleoproteins) constituent les unités fonctionnelles fondamentales du spliceosome.

bien

Leur biogenèse, leur maturation et leur assemblage impliquent de nombreuses étapes nucléaires et cytoplasmiques qui sont étudiées en détail dans la page du corps de Cajal.

1. Le spliceosome majeur responsable de la majorité des réactions d’épissage des pré-ARNm eucaryotes repose principalement sur les snRNP spliceosomales.

Ces snRNP comprennent :

Biogenèse des snRNP
Biogenèse des snRNP
(Figure : vetopsy.fr d'après Taliansky et coll)

2. Chaque snRNP spliceosomale possède une composition spécifique associant un snARN, un cœur protéique commun et des protéines spécialisées (louperôle des principales snRNP spliceosomales).

a. La snRNP U1 est constituée du snARN U1, des protéines Sm et des protéines spécifiques U1-70K, U1A et U1C (Role of the U1 snRNP Complex in Human Health and Disease 2025).

  • U1-70K et U1C participent à la reconnaissance et à la stabilisation du site donneur d’épissage 5′.
  • U1A contribue à l’assemblage et à la stabilité de la particule.

b. La snRNP U2 est constituée du snARN U2, des protéines Sm ainsi que des complexes protéiques SF3A, composé des sous-unités SF3A1, SF3A2 et SF3A3, et SF3B, composé notamment de SF3B1, SF3B2, SF3B3, SF3B4, SF3B5, SF3B6 et SF3B7.

Les complexes SF3A et SF3B stabilisent l’interaction de U2 avec le point de branchement, SF3B1 jouant un rôle central dans la reconnaissance de cette région.

c. La di-snRNP U4/U6 associe les snARN U4 et U6 (CryoEM structures of two spliceosomal complexes: starter and dessert at the spliceosome feast 2016).

  • Le snARN U4 est associé aux protéines Sm et interagit notamment avec les protéines PRPF3, PRPF4, PRPF31 et CYPH/PPIH, qui participent à l’assemblage et à la stabilisation du complexe U4/U6.
  • le snARN U6 est associé à plusieurs protéines LSm, impliquées dans sa stabilité, sa maturation et les réarrangements structuraux conduisant à l'activation du spliceosome.
Structure de la snRNP U5 et organisation de ses principales protéines spécifiques
Structure de la snRNP U5 et organisation de ses principales protéines spécifiques
(Figure : vetopsy.fr d'après Doggett et coll)

d. La snRNP U5 contient, outre les protéines Sm, les protéines PRPF8, Brr2 et Snu114, qui jouent un rôle central dans l'organisation et l'activation du spliceosome (Structure of the human 20S U5 snRNP 2024 et Structural basis of human U5 snRNP late biogenesis and recycling 2024).

  • PRPF8 constitue une plateforme centrale du cœur catalytique du spliceosome.
  • Brr2 est une hélicase responsable du déroulement du duplex U4/U6 lors de l’activation du spliceosome.
  • Snu114 coordonne ces réarrangements structuraux grâce à son activité de liaison au GTP

Remarque : la snRNP U5 contient également des protéines impliquées dans son assemblage et son recyclage.

  • PRPF6 est impliquée dans la formation du tri-snRNP U4/U6.U5.
  • CD2BP2 est un facteur de biogenèse et de recyclage caractéristique du 20S U5 snRNP.
livre

Vous pouvez lire : Structural Insights into Nuclear pre-mRNA Splicing in Higher Eukaryotes (2019) et The Spliceosome: Design Principles of a Dynamic RNP Machine (2009), articles qui montrent les nombreuses protéines et le mécanisme du spliceosome.

Protéines Sm et LSm

Les protéines Sm et LSm constituent deux familles apparentées de protéines liant les ARN appartenant à la superfamille Sm-like et capables de s’assembler en anneaux oligomériques autour de différents ARN nucléaires (Crystal Structures of Two Sm Protein Complexes and Their Implications for the Assembly of the Spliceosomal snRNPs 1999).

1. Les protéines Sm classiques comprennent principalement SmB/B′, SmD1, SmD2, SmD3, SmE, SmF et SmG qui s’organisent en un anneau heptamérique stable autour d’une séquence conservée des snARN appelée site Sm, généralement riche en uridines (Sm protein–Sm site RNA interactions within the inner ring of the spliceosomal snRNP core structure 2001).

Le site Sm sert de plateforme d’assemblage permettant la fixation coordonnée des protéines Sm par des interactions spécifiques ARN-protéines et protéines-protéines conduisant à la formation de l’anneau Sm caractéristique des snRNP spliceosomales

Assemblage du cœur SM des snRNP
Assemblage du cœur SM des snRNP
(Figure : vetopsy.fr d'après Yi et coll)

Cet anneau constitue le cœur structural des snRNP spliceosomales majeures U1, U2, U4 et U5 et participe à :

Structure et anneau héptamérique des protéines Lsm
Structure et anneau héptamérique des protéines Lsm
(Figure : vetopsy.fr d'après Moll et coll)

2. Les protéines LSm (Like-Sm) appartiennent à une famille apparentée structuralement aux protéines Sm, mais forment des complexes distincts associés à différents ARN nucléaires impliqués dans l’épissage, la maturation et la dégradation des ARN (The Lsm Proteins: Ring Architectures for RNA Capture 2011).

Dans le spliceosome, le snARN U6 ne possède pas de site Sm classique, s’associe à un anneau LSM2-8 remplaçant l’anneau Sm conventionnel et reste nucléaire.

Remarque 1 : le complexe cytoplasmique LSM1-7 impliqué dans le décapping et la dégradation des ARN messagers est distinct du complexe nucléaire LSM2-8.

Remarque 2 : le snRNP U7 impliqué dans la maturation des pré-ARNm d’histones réplicatifs reste aussi nucléaire et possède également un cœur Sm atypique dans lequel les protéines SmD1 et SmD2 sont remplacées par les protéines LSm10 et LSm11.

3. On note une autre différence entre les snARN.

  • Les snARN U1, U2, U4 et U5 sont transcrits par l’ARN polymérase II, puis exportés transitoirement dans le cytoplasme où ils s’associent au complexe SMN-GEMIN et aux protéines Sm avant leur réimportation nucléaire.
  • Le snARN U6 constitue une exception car il est transcrit par l’ARN polymérase III.
bien

La biogenèse et la maturation des snRNP sont étudiées dans un chapitre spécifique.

Rôle des snRNP et centre catalytique du spliceosome majeur

Les snARN du spliceosome assurent plusieurs fonctions essentielles impliquées dans la reconnaissance des introns, l’organisation structurale du spliceosome et la catalyse des réactions d’épissage participant notamment :

  • à la reconnaissance des sites d’épissage,
  • à l’appariement avec le pré-ARNm,
  • à l’organisation du centre catalytique,
  • à la catalyse ribozymique des réactions de transestérification.

Rôle des principales snRNP spliceosomales

Chaque snRNP spliceosomale possède une organisation et des fonctions spécifiques intervenant dans différentes étapes du mécanisme spliceosomal.

1. La snRNP U1 intervient précocement lors de l’assemblage du spliceosome et assure principalement la reconnaissance initiale du site donneur 5′ d’épissage (5′SS) par appariement complémentaire entre le snARN U1 et la séquence consensus du pré-ARNm.

Cette reconnaissance contribue au positionnement initial de l’intron et à la sélection correcte des jonctions exon-intron.

Reconnaissance du point de branchement
Reconnaissance du point de branchement
(Figure : vetopsy.fr d'après Xie et coll)

2. La snRNP U2 reconnaît le point de branchement (branch point ou BP) grâce à un appariement du snARN U2 avec la séquence du point de branchement (branch point sequence ou BPS) entourant l’adénosine de branchement (Variations of intronic branchpoint motif: identification and functional implications in splicing and disease 2023).

a. Cet appariement laisse l’adénosine du point de branchement non appariée et exposée vers le centre catalytique sous forme d’une adénosine dépariée et extrudée (bulged), configuration essentielle à la première réaction de transestérification.

La stabilisation de cette interaction implique notamment plusieurs protéines du complexe SF3B associé à la snRNP U2, en particulier SF3B1, qui participe à la reconnaissance du point de branchement et au maintien de l’adénosine catalytique dans une configuration compatible avec la formation du lariat intronique.

b. Selon le contexte de séquence, les facteurs d’épissage recrutés ou le type cellulaire, différents points de branchement (BP) peuvent être utilisés préférentiellement, ce qui peut influencer l’efficacité de l’épissage ou la sélection des sites d’épissage alternatifs.

Remarque : certaines hélicases ARN-dépendantes de la famille DExD/H-box, telles que DHX15, participent également au remodelage et au contrôle qualité des interactions entre la snRNP U2 et le point de branchement au cours de l’assemblage spliceosomal.

Facteurs régulateurs impliqués dans la reconnaissance des sites d’épissage
Facteurs régulateurs impliqués dans la reconnaissance des sites d’épissage
(Figure : vetopsy.fr d'après Tholen)

3. La di-snRNP U4/U6 et la snRNP U5 sont ensuite recrutées afin de former le spliceosome précatalytique.

  • La snARN U4 reste initialement appariée au snARN U6 et maintient celui-ci dans une conformation inactive empêchant une activation prématurée du centre catalytique.
  • La snARN U6 constitue l’un des principaux composants catalytiques du spliceosome.

Après dissociation de U4, le snARN U6 établit de nouveaux appariements avec le snARN U2 et avec le site 5′ d’épissage, conduisant à la formation du centre catalytique actif du spliceosome.

  • La snRNP U5 participe principalement à l’alignement des exons avant leur ligature.

Le snARN U5 interagit notamment avec les extrémités des exons et contribue à leur rapprochement lors de la seconde réaction de transestérification.

Organisation fonctionnelle du spliceosome et mécanisme de l’épissage
Organisation fonctionnelle du spliceosome et mécanisme de l’épissage
(Figure : vetopsy.fr adaptée d'après Rogalska et coll)

Centre catalytique du spliceosome

Le centre catalytique actif du spliceosome repose principalement sur une organisation ribozomique formée par les snARN U2 et U6 qui adoptent une organisation tridimensionnelle permettant la catalyse eux réactions successives de transestérification conduisant à l’excision de l’intron et à la ligature des exons (CryoEM structure of the spliceosome immediately after branching 2017 et RNA structure analysis of human spliceosomes reveals a compact 3D arrangement of snRNAs at the catalytic core 2013).

Une réaction de transestérification correspond à un échange de liaisons phosphodiester entre différents groupements hydroxyles d’une molécule d’ARN sans consommation directe d’ATP, contrairement à de nombreuses réactions enzymatiques de clivage ou de ligature des acides nucléiques.

Corps catalytique du spliceosome majeur
Corps catalytique du spliceosome majeur
(Figure : vetopsy.fr d'après Anokhina et coll)

1. La formation du centre catalytique du spliceosome nécessite d’importants réarrangements conformationnels des snARN spliceosomaux (Molecular basis for the activation of human spliceosome 2024).

a. Lors de l’activation du spliceosome, le snARN U4 initialement apparié au snARN U6 est dissocié, permettant au snARN U6 d’établir de nouvelles interactions avec le snARN U2 et avec le site 5′ d’épissage.

b. Ces réarrangements conduisent à la formation du cœur catalytique actif du spliceosome organisé autour des snARN U2 et U6.

Les interactions entre les snARN U2 et U6 génèrent plusieurs structures hélicoïdales conservées permettant l’organisation du site actif catalytique et la coordination de deux ions métalliques divalents, principalement Mg++, indispensables aux réactions de transestérification.

c. Cette organisation catalytique présente une forte parenté structurale et fonctionnelle avec les introns auto-épissants du groupe II, soutenant l’hypothèse d’une origine évolutive commune entre le spliceosome et ces ribozymes ancestraux.

Réarrangements structuraux associés à l’activation du spliceosome
Réarrangements structuraux associés à l’activation du spliceosome
(Figure : vetopsy.fr d'après Zhan et coll)

2. Lors de la première réaction de transestérification, les interactions entre les snARN U2, U6 et le pré-ARNm organisent le centre catalytique du spliceosome de manière à positionner correctement l’adénosine du point de branchement à proximité du site 5′ d’épissage.

  • Le groupement hydroxyle 2′OH porté par le ribose de cette adénosine attaque alors la liaison phosphodiester située à la jonction entre l’exon amont et l’intron au niveau du site donneur 5′ d’épissage.
  • Cette attaque nucléophile provoque le clivage de l’extrémité 5′ de l’intron et le transfert de cette extrémité sur l’adénosine du point de branchement.
  • L’intron forme alors une structure en lasso (lariat) dans laquelle son extrémité 5′ est reliée au groupement 2′OH de l’adénosine par une liaison phosphodiester 2′-5′ inhabituelle.

3. Lors de la seconde réaction de transestérification, l’exon amont libéré après la première réaction possède une extrémité 3′OH libre.

  • Ce groupement 3′OH attaque alors la liaison phosphodiester située au niveau du site accepteur 3′ d’épissage séparant l’intron de l’exon aval.
  • Cette seconde attaque nucléophile entraîne la ligature covalente des deux exons par une liaison phosphodiester classique 3′-5′ et provoque simultanément la libération de l’intron sous forme de lariat (lasso).

Remarque : cette réaction n'est donc pas dépendante d'une ARN ligase, contrairement à certains mécanismes d’épissage.

4. Bien que l’activité catalytique du spliceosome soit principalement portée par les snARN U2 et U6, de nombreuses protéines spliceosomales stabilisent l’organisation du centre catalytique et contrôlent les réarrangements structuraux successifs nécessaires à l’assemblage, à l’activation et au recyclage du spliceosome.

Parmi elles, la protéine PRPF8 de la snRNP U5 occupe une position centrale à proximité immédiate du site catalytique où elle interagit avec plusieurs éléments essentiels du spliceosome, notamment le site 5′ d’épissage, le point de branchement, le snARN U5 ainsi que les snARN catalytiques U2 et U6 (PRPF8-mediated dysregulation of hBrr2 helicase disrupts human spliceosome kinetics and 5´-splice-site selection causing tissue-specific defects 2024).

  • PRPF8 agit principalement comme une plateforme structurale organisant l’architecture du cœur actif du spliceosome et contribuant au positionnement correct des substrats ARN au cours des réactions de transestérification (Prp8 protein: At the heart of the spliceosome 2005)..
  • Elle participe également aux réarrangements conformationnels successifs du spliceosome permettant les transitions entre les différents états fonctionnels des complexes d’épissage.
PRPF8 au cceur du spliceosome
PRPF8 au cceur du spliceosome
(Figure : vetopsy.fr d'après Grainger et Beggs)

Assemblage dynamique du spliceosome majeur

L’assemblage du spliceosome correspond à un processus hautement dynamique au cours duquel les différentes snRNP spliceosomales sont recrutées successivement sur le pré-ARNm puis réorganisées afin de former un centre catalytique actif capable de réaliser les réactions de transestérification.

Contrairement au ribosome qui constitue une structure relativement stable, le spliceosome est assemblé de manière transitoire sur chaque intron puis entièrement dissocié après l’épissage.

1. Les réarrangements structuraux du spliceosome sont contrôlés par de nombreuses ATPases/hélicases ARN appartenant principalement à la famille DExD/H-box.

Ces enzymes utilisent l’énergie issue de l’hydrolyse de l'ATP pour remodeler dynamiquement les interactions ARN-ARN et ARN-protéines au cours du cycle d’épissage.

Parmi les principales hélicases du spliceosome figurent notamment Prp5/DDX46, Sub2/UAP56, Prp28/DDX23, Brr2/SNRNP200, Prp2/DHX16, Prp22/DHX8 et Prp43/DHX15, qui participent successivement :

  • à l’assemblage progressif des complexes spliceosomaux,
  • au recrutement et au remplacement successif de certains facteurs d’épissage et snRNP,
  • aux transitions conformationnelles nécessaires à l’activation du centre catalytique,
  • au contrôle qualité et à la fidélité des réactions d’épissage,
  • à la dissociation et au recyclage des complexes spliceosomaux après la catalyse.
Épissage du pré-ARM par le spiceosome majeur
Épissage du pré-ARM par le spliceosome majeur
(Figure : vetopsy.fr d'après Wahl et coll)

2. Au cours du cycle d’épissage, plusieurs états fonctionnels successifs du spliceosome peuvent être distingués (The Spliceosome: Design Principles of a Dynamic RNP Machine 2009).

a. Il correspondent à différentes étapes d’assemblage, d’activation et de catalyse :

  • le complexe E (early complex), caractérisé par la reconnaissance initiale du pré-ARNm notamment par la snRNP U1,
  • le complexe A, correspondant au recrutement de la snRNP U2 au niveau du point de branchement,
  • Complexe B du spliceosome humain
    Complexe B du spliceosome humain
    (Figure : vetopsy.fr d'après Bertram et coll)
    le complexe B précatalytique, après recrutement du tri-snRNP U4/U6 et U5 (Cryo-EM Structure of a Pre-catalytic Human Spliceosome Primed for Activation 2017),
  • le complexe B activé (Bact), après dissociation des snRNP U1 et U4 et formation du centre catalytique actif organisé autour des snARN U2 et U6,
  • les complexes C catalytiques assurant les réactions de transestérification, avec le complexe C impliqué dans la première réaction et le complexe C* dans la seconde réaction,
  • les complexes post-catalytiques impliqués dans la dissociation et le recyclage du spliceosome.

b. Chaque transition structurale du spliceosome s’accompagne du recrutement et de la dissociation de nombreux facteurs protéiques spécialisés contrôlant l’assemblage, l’activation catalytique et le recyclage des complexes spliceosomaux.

3. Après la ligature des exons et la libération de l’intron sous forme de lariat, les différents composants du spliceosome sont dissociés puis recyclés afin de participer à de nouveaux cycles d’épissage.

Spliceosome mineur

Chez certains eucaryotes, notamment chez les animaux, les plantes et plusieurs protistes, un spliceosome mineur distinct assure l’épissage d’une faible proportion d’introns appelés introns U12, représentant environ 0,3-0,5 % des introns chez l’humain (Minor spliceosome and disease 2018).

Structure du snARN U2
Structure du snARN U2
(Figure : vetopsy.fr d'après Verma et coll)

1. Ce spliceosome mineur possède une organisation proche du spliceosome majeur, mais utilise des snRNP spécifiques (Taxonomy of introns and the evolution of minor introns 2024) :

  • U11 à la place de U1,
  • U12 à la place de U2,
  • U4atac et U6atac à la place de U4 et U6,
  • U5 étant commune aux deux systèmes spliceosomaux.

Remarque : les dénominations U4atac et U6atac proviennent des introns AT-AC initialement associés au spliceosome mineur.

Cependant, la majorité des introns U12 actuellement connus possèdent en réalité des extrémités GT-AG.

2. Bien que rares, les introns U12 sont fréquemment présents dans des gènes impliqués dans des fonctions cellulaires fondamentales telles que :

3. De nombreux gènes contenant des introns U12 codent eux-mêmes des régulateurs globaux de l’expression génique, ou des composants du système d’épissage et plusieurs composants du spliceosome mineur sont impliqués dans des maladies humaines (Inhibition of the minor spliceosome restricts the growth of a broad spectrum of cancers 2025).

bien

Cela explique pourquoi des altérations du spliceosome mineur peuvent avoir des effets cellulaires très larges malgré le faible nombre d’introns U12.

Facteurs d’épissage

Les facteurs d’épissage regroupent un ensemble de protéines et de complexes ribonucléoprotéiques régulateurs contrôlant la reconnaissance des sites d’épissage, l’assemblage du spliceosome et la sélection des exons au cours de la maturation des pré-ARNm.

Ils interviennent notamment dans la régulation de l’épissage alternatif qui permet de produire plusieurs isoformes d’ARNm à partir d’un même gène.