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Système endomembranaire
Réticulum endoplasmique (RE)
Repliement et contrôle de qualité des protéines

Sommaire
  1. En construction

 

définition

Le repliement des protéines permet aux chaînes polypeptidiques d'acquérir leur conformation fonctionnelle et fait l'objet d'un contrôle qualité assurant la protéostasie cellulaire.

Vue d'ensemble du repliement des protéines

Le repliement des protéines (protein folding) est le processus par lequel une chaîne polypeptidique acquiert une organisation tridimensionnelle permettant généralement à la protéine d'atteindre sa conformation fonctionnelle.

  • Un repliement correct (proper folding) conduit à une conformation tridimensionnelle compatible avec la fonction de la protéine.
  • un mauvais repliement (misfolding) conduit à une protéine mal repliée (misfolded protein), susceptible de perdre sa fonction, d'être reconnue par les systèmes de contrôle qualité ou de s'agréger.

1. Le repliement peut commencer pendant la synthèse de la chaîne polypeptidique, de manière co-traductionnelle, et se poursuivre après sa libération du ribosome, de manière post-traductionnelle (PTM).

Il dépend de la séquence des résidus d'acides aminés et peut s'effectuer spontanément ou être assisté par des protéines chaperonnes qui limitent notamment les interactions inappropriées et l'agrégation des chaînes polypeptidiques.

2. Le repliement des protéines s'effectue dans différents compartiments cellulaires selon leur lieu de synthèse et leur destination :

Repliement des protéines
Repliement des protéines
(Figure : vetopsy.fr d'après Chandra et coll)

1. Le repliement correct des protéines constitue un processus universel indispensable à l’homéostasie cellulaire (Understanding a protein fold: The physics, chemistry, and biology of α-helical coiled coils 2023).

livre

Vous pouvez consulter : AlphaFold Protein Structure Database, un système IA pour prédire le repliement de 200 millions de protéines.

Repliement des protéines dans le cytosol

Les protéines synthétisées sur les ribosomes libres se replient dans le cytosol de manière co-traductionnelle ou post-traductionnelle (PTM).

Si certaines protéines peuvent acquérir spontanément leur conformation native, de nombreuses protéines nécessitent l'assistance de chaperonnes moléculaires qui favorisent leur repliement correct et limitent les interactions inappropriées et leur agrégation.

2. Plusieurs systèmes de chaperonnes participent au repliement et au contrôle qualité des protéines cytosoliques :

bien

Ces différentes familles et leurs mécanismes d'action sont présentés dans le chapitre consacré aux chaperonnes moléculaires.

rincipaux systèmes de chaperonnes moléculaires dans les différents compartiments cellulaires
Hsp70 et domaine J
(Figure : vetopsy.fr d'après Kityk et coll)

Repliement des protéines dans le RE

1. Le réticulum endoplasmique (RE) joue un rôle central dans le repliement et la maturation des protéines qui empruntent la voie sécrétoire, notamment les protéines sécrétées et de nombreuses protéines membranaires (The endoplasmic reticulum: structure, function and response to cellular signaling 2015).

2. Les chaînes polypeptidiques correspondantes sont généralement transloquées dans la lumière du RE au cours de leur synthèse par les ribosomes associés à la face cytosolique du réticulum endoplasmique rugueux (RER).

a. Dans la lumière du RE, leur repliement et leur maturation sont notamment favorisés par :

b. Le repliement est également assisté par des chaperonnes moléculaires, notamment BiP/GRP78 (Binding immunoglobulin Protein/Glucose-Regulated Protein 78), principale chaperonne de la famille Hsp70 dans la lumière du RE.

Et lorsque le repliement échoue ? Contrôle de qualité des protéines

Contrôle de qualité des protéines dans le cytosol

Dans le cytosol, le contrôle de qualité des protéines (protein quality control, PQC) surveille leur repliement et leur état d'assemblage afin de favoriser la récupération des protéines pouvant être correctement repliées et l'élimination de celles qui sont irréversiblement altérées (Cellular Protein Quality Control in Diabetic Cardiomyopathy: From Bench to Bedside 2020).

Maintien de l'homéostasie protéique par les principaux systèmes de contrôle qualité des protéines
Maintien de l'homéostasie protéique par les principaux systèmes de contrôle qualité des protéines
(Figure : vetopsy.fr d'après Kaur et coll)

1. Il repose principalement sur plusieurs systèmes complémentaires :

2. Ces mécanismes déterminent ainsi le devenir des protéines mal repliées entre repliement correctif, maintien transitoire dans un état soluble, séquestration dans des agrégats, désagrégation et dégradation.

Contrôle de qualité des protéines dans le RE

Dans le RE, le contrôle de qualité des protéines vérifie leur repliement, leur maturation et, le cas échéant, leur assemblage avant leur exportation vers l'appareil de Golgi (Protein quality control in the endoplasmic reticulum 2020).

Il favorise l'acquisition d'une conformation fonctionnelle et empêche normalement l'exportation vers l'appareil de Golgi des protéines qui restent non conformes.

Mécanisme des Hsp70
Mécanisme des Hsp70
(Figure : vetopsy.fr d'après Philips et coll)

1. Le contôle de qualité repose sur plusieurs systèmes complémentaires :

2. Les protéines qui ne parviennent pas à acquérir une conformation correcte malgré l'action des chaperonnes et des systèmes de repliement peuvent être retenues dans le RE puis orientées vers des voies de dégradation, principalement :

  • l'ERAD (ER-associated degradation), qui assure l'extraction du RE, l'ubiquitinylation et l'élimination par le protéasome de nombreuses protéines défaillantes, constituant ainsi une voie majeure de contrôle qualité qui limite leur accumulation dans le RE,
  • Cycle calnexine-calréticuline 
(repliement et contrôle de qualité des glycoprotéines)
    Cycle calnexine-calréticuline
    (repliement et contrôle de qualité des glycoprotéines)
    (Figure : vetopsy.fr d'après Kozlov et Gehring))
    les voies autophagie/lysosomales, notamment la réticulophagie (ER-phagy), qui peuvent notamment prendre en charge des substrats agrégés ainsi que des portions du RE contenant des protéines défectueuses.

Cycle calnexine-calréticuline

1. Le cycle calnexine-calréticuline constitue un système de repliement et de contrôle de qualité spécifique des glycoprotéines N-glycosylées dans la lumière du RE.

a. a. Leurs N-glycanes monoglucosylés sont reconnus par deux chaperonnes lectines :

b. Leur liaison favorise le maintien des glycoprotéines dans un environnement permettant leur repliement correct.

2. L'élimination du dernier résidu de glucose libère la glycoprotéine du cycle et son devenir dépend alors de son état de repliement (Calnexin cycle – structural features of the ER chaperone system 2020).

  • Si son repliement est correct, elle peut quitter le RE et poursuivre la voie sécrétoire.
  • Si elle reste insuffisamment repliée, UGGT (UDP-glucose:glycoprotein glucosyltransferase) peut la reglucosyler, permettant sa réassociation à la calnexine ou à la calréticuline et un nouveau cycle de repliement.
  • Si les défauts de repliement persistent, elle peut être orientée vers les systèmes de dégradation, notamment l'ERAD.

Distinction fonctionnelle et interactions entre ERAD et UPR

1. L’ERAD (Endoplasmic-Reticulum-Associated protein Degradation) représente une voie de contrôle qualité focalisée sur la gestion substrat par substrat des protéines mal repliées.

Elle élimine spécifiquement de nombreux polypeptides incapables d'acquérir leur conformation native malgré l'assistance des systèmes de repliement, limitant ainsi leur accumulation dans le réticulum endoplasmique.

bien

L'ERAD (Endoplasmic-Reticulum-Associated protein Degradation) est étudiée dans un chapitre spécifique.

2. L'UPR (Unfolded Protein Response), en contraste, correspond à une réponse adaptative globale activée lorsque la charge en protéines immatures excède les capacités basales de repliement.

a. Dans le réticulum endoplasmique, l'UPR réorganise de manière coordonnée des programmes transcriptionnels et traductionnels visant :

  • à augmenter la capacité de repliement,
  • à renforcer l’ERAD,
  • à moduler la dégradation et à réduire l’arrivée de nouvelles protéines dans le compartiment.

b. Cependant, des réponses UPR existent également dans d’autres organites, chacune fondée sur des capteurs, des chaperonnes et des voies de signalisation propres, notamment dans :

bien

L'UPR (Unfolded Protein Response) est étudiée dans un chapitre spécifique.

c. L'UPR ne traite pas un substrat spécifique, mais elle réorganise l’ensemble du système pour restaurer un état stable d’homéostasie (protéostasie).

  • L'activation de la réponse UPR ne procède pas de la reconnaissance d'un dégron individuel, mais de la détection d'un stress du RE associé notamment à l'accumulation de protéines non ou mal repliées.
  • Lorsque les protéines mal repliées s'accumulent au-delà des capacités de prise en charge par les chaperonnes et les systèmes de contrôle qualité, notamment l'ERAD, le stress du RE qui en résulte active les senseurs de l'UPR afin de rétablir l'homéostasie (loupedégrons de repliement).
bien

L’ERAD élimine les protéines défaillantes, tandis que l'UPR ajuste les ressources cellulaires pour éviter que leur accumulation ne devienne pathologique.

Interactions croisées entre UPR et ERAD
Interactions croisées entre UPR et ERAD
(Figure : vetopsy.fr d'après Hwang et Qi)

3. Pourtant, des interactions croisées entre ERAD et UPR assurent une coordination étroite entre les mécanismes d’adaptation et les voies de dégradation du réticulum endoplasmique (Quality Control in the Endoplasmic Reticulum: Crosstalk between ERAD and UPR pathways 2019).

a. L'UPR augmente l’expression des chaperonnes, des lectines et des composants ERAD, i.e. HRD1, SEL1L ou EDEM1, renforçant ainsi la capacité d’élimination des protéines défaillantes.

b. En retour, l’efficacité de l’ERAD détermine l’intensité et la durée de l’activation UPR.

  • Une ERAD performante réduit la surcharge luminale et atténue les signaux de stress.
  • Une ERAD saturée prolonge ou amplifie la réponse UPR.

c. Ce couplage fonctionnel maintient la protéostasie et prévient l’établissement d’un stress chronique du réticulum.

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