• Comportement du chien et
    du chat
  • Celui qui connait vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme
    • Konrad Lorenz
  • Biologie, neurosciences et
    sciences en général
  •  Le but des sciences n'est pas d'ouvrir une porte à la sagesse infinie,
    mais de poser une limite à l'erreur infinie
    • La vie de Galilée de Bertold Brecht

Phéromones
Nature et classification

Sommaire
définition

Les phéromones ont été trouvées dans les deux règnes (animal et végétal) et chez toutes les espèces, y compris chez l'Homme.

Scientifiques et phéromones
Voies de projection simplifiées de l'épithélium olfactif principal (MOE)
et de l’organe voméronasal (VNO)
(Figure : vetopsy.fr d'après Spehr et coll)

Découverte des phéromones et rôles

1. Les phéromones ont été trouvées dans les deux règnes (animal et végétal) et chez toutes les espèces, y compris chez l'Homme.

  • Elles ont été découvertes chez les papillons (1959) par Adolf Butenandt (1903-1995) : les femelles bombyx (ver à soie) émettent une substance odorante (bombycol : C16H30O) qui attire les mâles dans un rayon de plusieurs kilomètres (camerala vie du ver à soie Bombyx mori).
  • Elles sont très largement représentées chez les espèces d'invertébrés, surtout vivant en colonie.
Bombyx
Bombyx et glande sécrétant le bombycol
(Photo : auteur inconnu)

2. Chez les Vertébrés, les phéromones communiquent sur (loupecommunication phéromonale) :

attention

Les rongeurs, et les souris en particulier, sont devenus le système modèle de choix pour étudier la communication chimique des vertébrés (From genes to social communication: molecular sensing by the vomeronasal organ 2012).

  • Ces espèces font preuve d’un odorat très fin et s’appuient fortement sur cette modalité sensorielle pour la communication sociale.
  • Les outils pour manipuler l’activité neuronale a fait de la souris un modèle particulièrement attractif pour la recherche chimiosensorielle.

3. Toutefois, il existe des différences notables en fonction des espèces et de leurs différentes niches éthologiques et modes de vie.

Un seul exemple est probant : le chien et le chat ne possèdent pas de récepteur voméronasal V2R.

Nature chimique des phéromones

1. Les phéromones sont :

  • des sécrétions de glandes spécialisées dont la plupart sont des glandes tégumentaires hypertrophiées ou modifiées,
  • des excrétions : sueur, urine, fécès, salive… dont certains varient cycliquement et possèdent un rôle de déclencheur, en particulier sexuel.
Régions sources de messages chimiques chienne chatte
Sacs anaux + +
Glandes supracaudales + +
Glandes jugales et périorales + +
Glandes auriculaires + ?
Glandes podales + +
Glandes maternelles + +
Peau du nouveau-né ? ?
Glandes vaginales + +
Urine + +
Fécès + ?
Glandes salivaires + +
Glandes lacrymales    

2. Certaines substances sont sécrétées, d'autres synthétisées, d'autres sont sécrétées ou ont comme origine la dégradation de sécrétions par des micro-organismes très présents autour des glandes incriminées.

  • Ce dernier cas est très fréquent chez les Vertébrés, et en particulier, chez les Carnivores qui possèdent des sacs anaux, comme le chien et le chat.
  • Les invaginations de l'épithélium glandulaire de la muqueuse anale produisent un environnement chaud et humide qui favorise la multiplication bactérienne (putrescine, cadavérine et autres produits particulièrement malodorants).

3. Chez les vertébrés, sujet qui nous intéresse ici, les molécules phéromonales sont identiques à ceux des invertébrés : hydrocarbures, alcools, aldéhydes, cétones, acides, amines. Ce sont des molécules simples de 5 à 20 atomes de carbone (Chemosensory Systems in Mammals, Fishes, and Insects 2009).

Moins de cinq atomes, le nombre de molécules distinctes serait insuffisant, plus de 20, le coût énergétique serait trop élevé et, surtout, les grosses molécules diffusent moins bien.

4. Chez les vertébrés supérieurs, les phéromones sont caractérisées par un grand nombre de molécules différentes.

P. Pageat dénombre 40 molécules différentes dans les sécrétions des glandes jugales et périorales du chat (marquage facial) dont treize se retrouvent chez tous les chats.

attention

Les phéromones animales ne sont pas détectées par l'odorat humain !

Les substances très odorantes comme les sécrétions de la moufette par exemple ne signifient pas que ce soient des phéromones.

Classification des phéromones

Les deux grandes classes de phéromones

Edward Osborne Wilson (1929-2021) définit deux grandes classes de phéromones en 1962.

Scientifiques et phéromones
Scientifiques et phéromones
(Montage : vetopsy.fr)

1. Une phéromone de déclenchement,  i.e. releaser ou releasing pheromone, ou phéromone signal, i.e. signaling pheromone, est une phéromone qui produit un changement assez rapide du comportement de du récepteur.

  • Chez les insectes, le terme " déclenchement  " est approprié car il provoque immanquablement un comportement.
  • Chez les mammifères, le terme " signal " est plus adapté car l'animal peuy y répondre ou non selon sa motivation.

Dans vetopsy.fr, nous emploierons le terme de phéromones de déclenchement (releaser pheromones), le plus employé par les scientifiques.

2. Une phéromone modificatrice, conditionnante ou d'amorçage, i.e.  primer ou priming pheromone, est une phéromone qui induit des changements physiologiques, perceptibles à long terme sur le récepteur.

  • Les phéromones modificatrices ne provoquent pas de changement immédiat dans le comportement du récepteur.
  • Ces modifications le rendent apte ensuite à l'acquisition d'un nouveau répertoire comportemental, qui pourra se manifester lors d'une situation donnée, un des meilleurs exemples est celui des phéromones accélérant ou inhibant par exemple l'accès à la maturité sexuelle (loupe phéromones et reproduction).

Dans vetopsy.fr, nous emploierons le terme de phéromones modificatrices (primer pheromone), le plus employé par les scientifiques.

3. Les réponses aux phéromones sont spécifiques et ne nécessitent pas d'apprentissage.

Phéromones de déclenchement (releaser pheromone)

Les phéromones de déclenchement (releaser pheromone) sont les plus nombreuses et peuvent être classées en plusieurs catégories selon les scientifiques et nous ne citerons que les plus utilisées (loupecommunication chimique chez les insectes).

1. Les phéromones territoriales servent à signaler aux intrus la présence de l'animal résidant (chatmarquages territoriaux).

Ces phéromones peuvent être aussi appelées d'espacement.

2. Les phéromones de piste, i.e. trail pheromone, sont très présentes chez les insectes, mais aussi chez les chiens et les chats par la sécrétion des glandes podales.

3. Les phéromones sexuelles attirent le partenaire sexuel, i.e. approche, reconnaissance d'un membre d'une même espèce…

4. Les phéromones d'alarme indiquent la présence d'un danger aux autres individus.

5. Les phéromones grégaires ou d'agrégation chez les insectes maintiennent la cohésion d'un groupe par la reconnaissance de ses membres, i.e. reconnaissance de l'autre : reconnaissance intraspécifique ou interspécifique),

6. …

Perception des phéromones