Communication olfactive

Citation

« La chose la plus importante en communication, c'est d'entendre ce qui n'est pas dit. »

Peter Drucker

Sommaire

Dans de nombreuses espèces animales, certaines fonctions vitales impliquent la participation d'au moins deux individus (défense, reproduction, cohésion sociale).


Cette coopération nécessite un échange d'informations entre les individus concernés et implique plusieurs canaux sensoriels (chimique, visuel, auditif, tactile - infos -).

Le chien et le chat possèdent une surface étendue de muqueuse olfactive pourvue de nombreux récepteurs  : leur odorat est extrêmement performant.


Ce sont des animaux macrosmatiques ( infos).

Physiologie de l'olfaction ( infos)

Vous trouverez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'olfaction sans avoir jamais osé le demander sur le site extrêmement complet de l'université de Lyon1.

Des liens vous dirigent vers de nombreux sites francophones et anglophones : vous pouvez parcourir en particulier sur  " Autres sites sur l'olfaction ", le site de " Olfaction, Tim Jacob ", en anglais exclusivement


N'oublions pas pas le rôle de l'olfaction dans la sensation de goût ( infos) !

Généralités sur la communication olfactive


La communication ( infos) au sens éthologique est définie comme l'émission par un animal d'un signal qui provoque une réponse de la part d'un autre animal, de telle sorte qu'un avantage soit acquis :

  • soit par l'individu qui émet le signal,
  • soit par l'individu qui le reçoit,
  • soit par un groupe dont ils font partie

Cette définition éthologique simple donne les éléments caractéristiques de la communication :

  • un émetteur ;
  • un signal : dans ce cas non précisé, ce qui permet d'inclure tous les stimuli possibles (chimiques au sens large, visuels, acoustiques, tactiles) ;
  • un ou des récepteurs ;
  • un acte qui prépare ou qui organise un ensemble de comportement ( infos).

Une définition complète et précise de la communication a été donnée par Yveline Leroy ( infos) :

« Au niveau animal, on appellera communication les actes qui préparent ou organisent, à distance ou à proximité, une relation qui assure et éventuellement modifie le déroulement d'une ou de plusieurs fonctions auxquelles participent au moins deux organismes, pas nécessairement de la même espèce.
Ces actes mettent en jeu des signaux, ou ce qui en tient lieu, des indices, qui émanent d' un organisme émetteur et sont adaptés à la fois au milieu où ils sont produits et aux potentialités perceptives de l'organisme récepteur.
La réaction-réponse de celui-ci est l'expression tangible de la réussite de l'acte de communication. Dans la plupart des cas, les rôles d'émetteur et de récepteur ne sont pas interchangeables. »

La communication olfactive - qui fait partie de la communication chimique éthologiquement parlant  ( infos) - revêt deux aspects :

  • olfactive pure : les stimuli excitent les neurones olfactifs ;
  • phéromonale : ce sont les neurorécepteurs de l'organe voméronasal qui sont mis à contribution. Nous verrons que ce n'est pas aussi simple.

Le signal est chimique.

Les cellules réceptrices sensorielles sont associées à des cellules nerveuses qui transforment l'énergie reçue en signaux électriques par le changement de leur potentiel électrique : ce phénomène s'appelle la transduction sensorielle ( infos).

La transduction est la transformation d'une énergie en une autre de nature différente. Les informations ainsi codées (codage nerveux) suivent des voies spécifiques pour activer certaines zones du cerveau et être interprétées en conséquence.

Les signaux olfactifs doivent être considérés sous plusieurs angles :

  • la distance de l'action ;

Selon les conditions (vent, humidité de l'air…), les signaux sont perceptibles à courte ou à grande distance (jusqu'à plusieurs kilomètres).

  • la localisation ;

Les signaux, en particulier phéromonaux, ne requièrent pas la présence de celui qui les produit.

  • la durée ;

Les messages olfactifs se caractérisent par une grande rémanence (plusieurs heures à plusieurs jours).

  • la spécificité.

Les signaux sexuels olfactifs sont spécifiques à une espèce pour empêcher les hybridations possibles (mécanisme d'isolement). Ils doivent être différents d'une autre espèce, mais les plus proches possibles à l'intérieur de la même espèce.

Certains signaux sont spécifiques à un groupe d'individus. Dans la communication olfactive, on parle d'odeur de groupe : elle permet la reconnaissance des membres de la meute chez le chien par exemple (ou des colonies de chats), ou celle mère/petits.

D'autres sont spécifiques à l'individu. Les phéromones d'un chat ou d'un chien sont de véritables " cartes de visite " laissées par l'animal.

OlfactionCommunication olfactiveRôle dans les relations mère/petits
Communication olfactive chez le chienCommunication olfactive chez le chat

Bibliographie
  • Leroy Y. - L'univers odorant de l'animal - Boubée, 375 p., 1987
  • Brossut R. - Phéromones : la communication chimique chez les animaux - CNRS Editions, Paris, 143 p., 1996
  • Wyatt T.D. - Pheromones and animal behaviour : communication by smell and taste - Cambridge University Press, 391 p., 2003
  • Pageat P. - La communication chimique dans l'univers des carnivores domestiques - PV, vol 28, n°181, 1997
  • Rosenzweig M.R., Leiman A.L., Breedlove S.M. - Psychobiologie  - DeBoeck Université, Bruxelles, 849 p., 1998
  • Université d'Oxford - Dictionnaire du comportement animal - Robert Laffont, Paris, 1013 p., 1990
  • Immelmann K. - Dictionnaire de l'éthologie - Pierre Mardaga Editeur, Liège, 296 p., 1990
  • Gaultier E. - Communication canine - 3ème cycle professionnel des écoles nationales vétérinaires, Toulouse, 2000
  • Giffroy J.M. (Prof. Université de Namur, Belgique) - L'éthogramme du chat - 3ème cycle professionnel des écoles nationales vétérinaires, Toulouse, 2000
  • Giffroy J.M. (Prof. Université de Namur, Belgique) - L'éthogramme du chien - 3ème cycle professionnel des écoles nationales vétérinaires, Toulouse, 2000
  • Dehasse J. - Tout sur la psychologie du chat - Odile Jacob, Paris, 604 p., 2005
  • Wright M., Walters S. - Le livre du chat - Septimus éditions, 256 p., 1980