Neurophysiologie de l'audition : voies auditives secondaires
Complexe olivaire supérieur

Citation

« Ave Caesar Morituri te salutant : Bonjour César, tu as le bonjour d'Olive Morituri. S'emploie pour dire bonjour chez les Morituris. »

Pierre Desproges

Documentation web

Sommaire

Les différentes voies auditives secondaires ascendantes, par le lemnisque latéral, aboutissent toutes au colliculus inférieur (ou tubercule quadrijumeau postérieur).

Voies auditives
Voies auditives
(Figure : © vetopsy.fr d'après de Cheveigné)

Certaines fibres y vont directement, d'autres font des relais dans les noyaux intermédiaires :

La majorité des fibres se dirigent vers les noyaux de l'olive supérieure.


Le complexe olivaire supérieur ( infos) est la structure la plus complexe du système auditif
.

Noyaux du complexe olivaire supérieur

Le complexe olivaire supérieur est composé d'un ensemble de noyaux situés dans la région ventrale du tegmentum pontique, rostro-ventralement par rapport au noyau du nerf facial (VII).

Le complexe olivaire contient trois noyaux principaux.

1. L'olive latérale supérieure (ou olive principale - LSO -), reconnaissable à sa forme de S, est principalement :


Sa fonction principale semble être la localisation spatiale des sons.


2. L'olive médiane supérieure (ou accessoire - MSO -) est activée par les projections des noyaux cochléaires antéro-ventraux bilatéraux.

Calice de Held
Calice de Held
(Photo : © nature)

Ses neurones répondent aux basses fréquences et semble jouer un rôle dans leur localisation.

3. Le noyau médian du corps trapézoïde (MNTB) reçoit les projections du noyau cochléaire antéro-ventral controlatéral.

Le corps trapézoïde possède également un noyau ventral et latéral appartenant aux noyaux périolivaires.

Les cellules globulaires " touffues " (globular bushy cells) contactent les cellules du noyau médian du corps trapézoïde par des synapses géantes, les plus grandes du système nerveux central, appelées calices de Held : elles ressemblent à des calices de fleurs et entourent pratiquement toute la cellule postsynaptique. Le traitement de l'information est dix fois plus rapide que dans la plupart des autres circuits neuronaux.

Ses cellules projettent sur l'olive supérieure latérale ipsilatérale pour l'inhiber grâce à la glycine.

  • Elles sont à la base du seuil de détection interaural, indispensable à la localisation des sons de hautes fréquences.
  • Il est à remarquer que ce noyau, réduit chez les primates, est très développé chez les Chauves-souris et les Cétacés.
Voies auditives secondaires
Voies auditives secondaires chez la souris (104/132)
(Figure : © vetopsy.fr d'après © braininfo.org

Chez le rat, un quatrième noyau, le noyau paraolivaire supérieur (SPON) ou périolivaire dorso-médial (DMPO), GABAergique et glycinergique, est situé dorsalement dorsal au MNTB.

Noyaux périolivaires

De nombreux noyaux périolivaires, très variables selon les espèces, entourent l'olive supérieure et sont impliqués dans la voie olivocochléaire médiane qui est, avec la latérale, une des voie finale du système descendant, du cortex auditif vers la cochlée.

Les principaux sont :

  • le noyau périolivaire antérieur (APO) ou rostral (RPO), situé entre le pôle rostral du MSO et le VNLL (noyau ventral du lemnisque latéral),
  • le noyau périolivaire postérieur (PPO) ou caudal (CPO), situé entre le pôle caudal du MSO et le noyau du nerf facial (VII),
  • le noyau périolivaire dorsal (DPO), dorsal et médial au LSO,
  • le noyau périolivaire dorso-latéral (DLPO), dorsal et latéral au LSO,
  • le noyau périolivaire ventro-médial (VMPO), situé entre le MSO et le MNTB,
  • le noyau périolivaire ventro-latéral (VLPO), ventral au hile ventral du LSO,
  • le noyau périolivaire antéro-latéral (ALPO),
  • le noyau périolivaire postéro-ventral (PVPO),
  • le noyau ventral du corps trapézoïde (VNTB), latéral au MNTB et ventral au MSO,
  • le noyau latéral du corps trapézoïde (LNTB), glycinergique, situé ventralement au LSO.

Pour plus de renseignements sur ces noyaux périolivaires, voir l'article Plasticity of the superior olivary complex.

Rôles

Noyaux périolivaires
Noyaux périolivaires
(Figure : © vetopsy.fr d'après Paxinos)

Le complexe olivaire supérieur est la structure la plus complexe du système auditif.

1. Les noyaux du complexe olivaire supérieur, recevant des afférences des noyaux cochléaires ventraux, sont impliqués dans l'analyse, la filtration et la modulation de l'information auditive.

Les cellules binaurales (c'est-à-dire répondant à la stimulation des deux cochlées) sont en charge des caractéristiques spatiales, c'est-à-dire de la localisation des sons.

Cette analyse s'effectue grâce aux décalages temporels pour les fréquences basses (inférieures à 3 kHz dans l'olive médiane supérieure ) et d'intensité pour les fréquences hautes (dans l'olive latérale supérieure).

2. Ces noyaux, pour une modulation et une protection des récepteurs auditifs en contrôlant l'entrée du signal sonore dans le circuit neuronal, projettent sur :

Cochléotopie du complexe olivaire supérieur
Cochléotopie du complexe olivaire supérieur
(Figure : © vetopsy.fr d'après P. Gil-Loyzaga)

Ce réflexe ne comprend que 4 neurones :


Ces deux réflexes, augmentant la rigidité du système tympano-ossiculaire en immobilisant la chaîne des osselets, protègent le tympan en diminuant la pression exercée sur celui-ci lors de bruits violents (cf. article).


3. Ces noyaux, par leurs projections sur la formation réticulée, peuvent moduler les stades de vigilance (et de sommeil), lors de signaux d'alerte par exemple.

Noyaux du lemnisque latéral

AuditionOreille externeOreille moyenneOreille interne
Voies auditives Cortex auditifAudition du chienAudition du chat
Audition de l'hommeEquilibreCommunication sonore

Bibliographie
  • Paxinos G., Mai J.K. - The human nervous system - Elsevier, Londres, 1366 p., 2004
  • Augustine J.R. - Human neuroanatomy - Academic Press, 494 p., 2008
  • Nieuwenhuys R., Voogd J., van Huijzen C. - The human central nervous system -Springer-Verlag, Berlin, 438 p., 1988
  • Haines D.E. - Fundamental neuroscience - Churchill Livingstone, Philadelphie, 498 p., 1997
  • Barone R., Bortolami R. - Anatomie comparée des mammifères domestiques, Tome 6, Système nerveux central - Vigot, Paris, 652 p., 2004
  • Pritchard T.-C., Alloway K.-D. - Neurosciences médicales - De Boeck Université, Bruxelles, 526 p., 2002
  • Bossy J. - Anatomie clinique - Springer-Verlag, Paris, 475 p., 1990
  • Nadeau E. - Neurosciences médicales - Elsevier, Issy-les-Moulineaux, 569 p., 2006
  • Felten D.-L., Jozefowicz R.-F. - Atlas de neurosciences de Netter - Masson, Paris, 306 p., 2006
  • Duus P. - Diagnostic neurologique : les bases anatomiques - De Boeck Université, Bruxelles, 486 p.,1998
  • Kahle W. - Anatomie, Tome 3 Système nerveux et organes des sens - Flammarion Médecine-Sciences, 423 p., 2007
  • Marieb E. N. - Anatomie et physiologie humaines - De Boeck Université, Saint-Laurent, 1054 p., 1993
  • Rosenzweig M.R., Leiman A.L., Breedlove S.M. - Psychobiologie  - DeBoeck Université, Bruxelles, 849 p., 1998
  • Purves D., Augustine G.J., Fitzpatrick D., Katz L.C., Lamantia A-S, McNamara J.O., Williams S.M. - Neurosciences - De Boeck, 800 p., 2003
  • Kolb B., Whishaw I. - Cerveau et comportement - De Boeck, 646 p., 2002
  • Bear M.F., Connors B.W., Paradiso M.A. - Neurosciences : à la découverte du cerveau - Masson-Williams, 654 p, 1997
  • Gazzaniga, Ivry, Mangun - Neurosciences cognitives - De Boeck, 585 p., 2001
  • Bourdelle E., Bressou C. - Anatomie régionale des animaux domestiques, IV, Carnivores, Chien et chat - Baillière et fils, Paris, 502 p., 1953
  • Blin P.C., Millerant J.J. - L'oreille moyenne du chien - Animal de compagnie, n° 27, p. 189-209, 1972