Comportement dipsique
Régulation

Citation

« A l'échelle cosmique, l'eau est plus rare que l'or. »

Hubert Reeves

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Sommaire

Le comportement dipsique ou comportement de prise de boisson fait partie d'un vaste ensemble de processus qui permettent de maintenir les constantes de notre milieu intérieur dans des limites très étroites compatibles avec une vie normale : c'est l'homéostasie.

Les régulations internes sont de trois ordre :


Comme tous les animaux proviennent d'organismes ayant leur l'origine dans la mer, nos cellules fonctionnent dans un milieu hydrique dont les concentrations en sel et en minéraux sont constantes.

Ce commencement de la vie est même cité dans la genèse (1,1-2) : « Lorsque Dieu commença la création du ciel et de la terre, la terre était déserte et vide et la ténèbre à la surface de l'abîme ; le souffle de dieu planait à la surface de l'eau. »

Le comportement dipsique est un comportement primaire (essentiel pour l'animal au même titre que la prise de nourriture ou le comportement sexuel).

L'eau et ses propriétés


L'eau est un composé essentiel de la matière vivante et forme 60% à 80% du volume de la plupart des cellules.


Ce liquide vital possède de nombreuses propriétés.

Chiens haletant
Chiens haletant
(Photo : creativecommons.org/Tobbyotter)

1. L'eau absorbe ou libère de la chaleur sans augmenter ou diminuer sa propre température (grande capacité thermique). Cette propriété maintient la température corporelle dans des limites physiologiques étroites (homéostasie) lors de grands changements de température externe (soleil intense, froid rigoureux, vent, …) ou lors d'efforts musculaires intenses produisant une grande production de chaleur.

2. L'eau se vaporise (état liquide à l'état gazeux) en éliminant la chaleur excessive du corps.

  • Rappelons que les glandes sudoripares sont rares chez les chiens et les chats : elles se situent uniquement au niveau de la face podale des extrémités des membres. Elles sécrètent des phéromones.
  • Le chien et le chat halètent pour dissiper la chaleur de son corps.

3. L'eau est le " solvant universel " qui permet pratiquement toutes les réactions chimiques de l'organisme. C'est également le milieu de transport des molécules (nutriments, gaz respiratoires, déchets métaboliques éliminés en partie par l'urine).

4. L'eau protège les organes, comme le cerveau, grâce au rôle d'amortisseur du liquide céphalo-rachidien.

Régulation de l'apport hydrique

Pour préserver cette eau qui est indispensable à la vie, les êtres vivants doivent maintenir leur hydratation dans des limites étroites coûte que coûte.


Autrement dit, l'apport d'eau doit être égal à la déperdition d'eau.


Environ 90% de l'eau corporelle provient des aliments surtout (60% chez l'Homme) et des liquides (30% chez l'Homme). Le reste est produit par les réactions chimiques de l'organisme (eau métabolique).

  • Soleil couchant
    Chien et son maître au soleil couchant
    (Photo : © iStockphoto.com/Jacqueline Abromeit)
    Un chien qui mange des croquettes boit bien plus que celui qui ingère des boîtes ou de l'alimentation ménagère.
  • Un chat nourri aux aliments humides peut ne rien boire du tout.

La déperdition d'eau s'effectue en majorité par l'urine (60% chez l'Homme), par l'évaporation pulmonaire (halètement chez le chien et le chat), les matières fécales, la transpiration (presque nulle chez nos animaux domestiques) ou la diffusion à travers la peau.

Chez les êtres vivants en bonne santé, l'osmolarité des liquides organiques, c'est-à-dire la concentration des molécules par litre, se maintient à l'intérieur de limites très étroites (entre 285 et 300 mmol/kg chez l'Homme). 

Des neurones de l'hypothalamus, appelés osmorécepteurs, détectent une augmentation trop élevée de la concentration de soluté dans les liquides organiques, grâce aux ERK, qui stimulent alors d'autres noyaux hypothalamiques (noyau supraoptique, paraventriculaire, organe subfornical, noyau preoptique médian…).

  • L'augmentation de l'osmolarité du plasma sanguin :
    • déclenche la soif (neurones hypothalamiques du centre de la soif), qui incite à l'ingestion d'eau,
    • déclenche la libération de l'hormone anti-diurétique ou ADH, sécrétée par la neurohypophyse stimulée par les noyaux hypothalamiques : elle absorbe l'eau au niveau rénal, ce qui provoque la concentration des urines.
  • La diminution de l'osmolarité :
    • inhibe la soif,
    • inhibe la libération d'hormone antidiurétique, ce qui provoque l'émission de grandes quantités d'urine diluée.

Déclenchement de la soif

Le déclenchement de la soif est provoqué par deux causes majeures :

1. des troubles organiques :

  • Soleil couchant
    Chats au soleil couchant
    (Photo : © iStockphoto.com/Jan Tyler)
    une perte de volume hydrique (soif hypovolémique),

Une perte de sang importante, des vomissements ou des diarrhées profuses en sont les causes principales.

  • une augmentation de la concentration des liquides organiques (soif osmotique) par la respiration, la transpiration ou la miction excessive.

Le chien et le chat présentent de nombreuses maladies qui augmentent très fortement la quantité d'eau ingérée par accroissement de la concentration de certaines molécules dans le sang : glucose pour diabète sucré, urée pour les troubles rénaux, globules blancs dans les infections comme l'infection de la matrice chez la chienne…

2. des troubles comportementaux :

  • un trouble comportemental ou potomanie du grec : potos - action de boire - et mania - folie -.

Certains auteurs parlent de potomanie lors de diabète sucré et de diabète insipide ou de troubles neurologiques par atteinte de certaines zones de l’hypothalamus (région impliquée dans de nombreuses régulations dont celle de la soif).

  • un rituel, que ce soit chez le chien ou le chat.

Comportement dipsique du chatRégulation dipsiqueComportement dipsique du chien

Bibliographie
  • Marieb E. N. - Anatomie et physiologie humaines - De Boeck Université, Saint-Laurent, 1054 p., 1993
  • Rosenzweig M.R., Leiman A.L., Breedlove S.M. - Psychobiologie  - DeBoeck Université, Bruxelles, 849 p., 1998