Adaptation neuronale

Citation

«  La vie est l'adaptation continue de relations internes à des relations externes. »

Herbert Spencer

Sommaire


L'adaptation est une perte progressive de sensibilité du récepteur lors du maintien du stimulus.

L'adaptation neuronale permet de distinguer deux catégories de récepteurs :

1. Les récepteurs phasiques réduisent rapidement la fréquence des décharges : leur adaptation est dite rapide.


Ces récepteurs détectent les changements d'un stimulus (propriété dynamique).

2. Les récepteurs toniques déchargent de manière continue ou diminuent lentement leur fréquence : leur adaptation est dite lente.


Ces récepteurs détectent la persistance d'un stimulus (propriété statique).

Preuves expérimentales

Adaptation neuronaleSi on stimule de manière constante un nerf par un courant rectangulaire (micropipette intracellulaire), de nombreux neurones diminuent leur fréquence de décharges avec le temps.


En général, ces neurones sont sensibles aux variations de l'intensité du stimulus et non pas à une valeur absolue.

Nous pouvons citer de nombreux exemples sensoriels par exemple :

  • Un stimulus sonore constant n'est plus entendu au bout d'un certain temps (bruits de la rue…).
  • Un contact prolongé, par exemple, lorsque nous sommes assis sur un siège, fait disparaître la sensation du toucher.


L'adaptation permet à l'organisme de ne pas être submergé par des informations " continues " présentant peu d'importance ( infos).

Mécanismes physiologiques

L'adaptation dépend d'événements nerveux et, quelquefois, non nerveux ( cf. plus bas).

Mécanisme neurologique

Lors de la dépolarisation neuronale, les électrorécepteurs calcium ( infos) s'ouvrent pour laisser passer les ions Ca++ ( infos).

Si les dépolarisations sont répétées, la concentration intracellulaire en ions Ca++ augmente, ce qui a comme conséquence d'ouvrir de plus en plus de canaux potassium ( infos), ce qui va hyperpolariser la cellule

  • L'augmentation de la sortie des ions K + de la cellule abaisse le potentiel de membrane s'abaisse pour l'approcher de VK (- 90mV), c'est-à-dire que la cellule s'hyperpolarise malgré l'entrée des ions Ca++.
  • Or, pour qu'un potentiel d'action se déclenche, il faut que le potentiel membranaire soit proche des - 40 mV. Il faut alors plus de temps pour repolariser la cellule, ce qui augmente l'intervalle entre deux potentiels.

Mécanisme non-neurologique

Dans certains cas, un mécanisme non-neurologique peut être mis en évidence.

C'est le cas des mécanorécepteurs comme les corpuscules de Pacini ( infos).

Les corpuscules de Pacini sont formés par de nombreuses lamelles concentriques (comme la structure d'un oignon). Au centre, se trouve une fibre sensitive.

Adaptation du corpuscule de PaciniLors de pression sur le corpuscule, l'énergie mécanique déforme la membrane neuronale de la fibre, ce qui a la propriété d'ouvrir les canaux ioniques et de provoquer l'apparition d'un potentiel récepteur ( infos).

  • Si l'intensité du stimulus est suffisante, ce potentiel récepteur (qui est un potentiel gradué) se transforme en potentiel d'action dans la fibre ( infos).
  • Si la pression est continue, la fréquence des potentiels diminue.


Les chercheurs ont réussi à supprimer les lamelles concentriques du corpuscule vu sa grande taille : l'adaptation disparaît quand on stimule la fibre sensitive.

Un liquide visqueux est présent entre les lamelles et permet leur glissement les unes sur les autres : l'énergie ne s'applique plus sur la fibre nerveuse, mais sur la périphérie du corpuscule. La fibre n'est donc plus déformée.


Les corpuscules de Paccini sont principalement des récepteurs de vibration de haute fréquence (pression intermittente).

Neurone Adaptation neuronale Propagation

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